Il a été démontré que l’usage régulier de cannabis est associé à des troubles de fonctions cognitives hautement
intégrées comme la mémoire, l’attention et les fonctions exécutives. Cependant, on en connait moins l’impact
sur des fonctions de bas niveau comme la fonction visuelle. Or les études animales ont montré que les récepteurs
cérébraux du cannabis et leurs ligands sont présents à différentes étapes du système visuel et que la
perturbation du système endocannabinoïde entraîne des modifications fonctionnelles visuelles. Nous présentons
dans ce but les premiers résultats de l’étude CAUSA MAP, comprenant des mesures systématiques et standardisées
du fonctionnement du système visuel lors de l’usage régulier de cannabis. Nous avons recruté pour cette
étude un groupe d’usagers réguliers de cannabis et un groupe de volontaires n’ayant pas d’usage de cannabis.
Nous avons effectué des mesures standardisées de l’électrorétinogramme puis recueilli en EEG la mesure des
potentiels évoqués lors de la présentation de grilles de différentes gammes de fréquences spatiales. Les analyses
relevaient un retard significatif du traitement visuel rétinien associé à des anomalies des potentiels évoqués
visuels au niveau cortical chez les usagers réguliers de cannabis. Ces résultats sont à notre connaissance les
premiers à montrer des anomalies électrophysiologiques du traitement visuel précoce chez l’humain lors de
l’usage régulier de cannabis au niveau rétinien et cortical. Ces résultats peuvent être interprétés en termes de
perturbation de la neurotransmission glutamatergique. De telles anomalies pourraient avoir un impact sur des
fonctions de la vie quotidienne comme la conduite automobile.

 

Auteur principal
Vincent LAPRÉVOTE
Psychiatre, Praticien Hospitalier
Centre Psychothérapique de Nancy
1, rue du Dr Archambault, 54 000 Nancy
03 83 92 68 22
v.laprevote@chru-nancy.fr