Bien que le fait de manger soit une activité source de plaisir et permettant de soulager une tension interne, et
bien que l’alimentation soit facilement accessible et largement disponible dans nos sociétés occidentalisées, les
travaux examinant la possibilité de développer une addiction vis-à-vis de l’alimentation ne se sont développés
que récemment (Gearhardt, Corbin & Brownell, 2009). En appliquant au domaine de l’alimentation les critères
diagnostiques du DSM-IV-TR de dépendance à une substance, ces auteurs ont proposé qu’il était tout à fait
possible de développer des symptômes d’addiction vis-à-vis de certains aliments riches en sucre, en graisse
ou en sel (ex. : perte de contrôle vis-à-vis de la consommation, tolérance, symptômes de sevrage, poursuite du
comportement malgré les conséquences négatives, etc…).
Un nombre croissant de travaux souligne la pertinence et l’intérêt du concept d’addiction à l’alimentation, notamment parce que ce trouble pourrait être particulièrement fréquent chez les patients souffrant d’autres addictions et parce qu’il pourrait expliquer pour partie la prévalence de certaines pathologies somatiques et psychiatriques (i.e., obésité, diabète de type 2, certains troubles du comportement alimentaire).
Cette communication a pour objectif de préciser l’apport du concept d’addiction à l’alimentation dans le champ
de l’addictologie, en définissant ce concept et ses modalités de mesure (avec notamment les évolutions liées
au DSM-5), en discutant des similitudes entre cette addiction et les autres addictions avec ou sans drogue, et
en précisant quels sont les patients à risque de cette addiction (notamment parmi les patients souffrant d’autres
addictions).

 

Auteur principal
Paul BRUNAULT
Psychiatre et Addictologue - Praticien Hospitalier
PH Régional « Jeu »
CHRU de Tours - Équipe de Liaison et de Soins en Addictologie
& Clinique Psychiatrique Universitaire
paul.brunault@gmail.com