Objectif : Les opiacés injectables représentent une option thérapeutique intéressante pour les personnes qui
injectent des substances psycho-actives qui ne répondent pas aux traitements de substitution aux opiacés
(TSO) par voie orale. Aujourd’hui, la buprénorphine intraveineuse (IV) – molécule moins à risque d’overdose que
les agonistes complets – n’a jamais été évaluée dans le cadre d’un essai clinique pour la dépendance aux opiacés.
Cette enquête a été mise en place afin de mieux comprendre le profil d’éligibilité des injecteurs d’opiacés
pour un traitement par buprénorphine IV ainsi que leur acceptabilité.
Méthodes : L’enquête conduite entre mai et août 2015 a été menée auprès de 557 injecteurs. Nous avons
sélectionné les participants qui étaient éligibles pour un traitement opiacés par voie intraveineuse (injecteurs
fréquents et réfractaires aux TSO oraux). Puis, nous avons étudié leur profil et leur acceptabilité vis-à-vis d’un
traitement par buprénorphine IV.
Résultats : Parmi les 371 participants ayant été sélectionné pour l’analyse, concernant l’usage d’opiacés,
58 % injectaient principalement de la buprénorphine, 15 % de l’héroïne, 17 % des sulfates de morphine et 10 %
d’autres opiacés. Plus de trois quarts (78 %) des participants déclaraient être favorable à recevoir un traitement
par buprénorphine IV. L’analyse multivariée montre que ceux qui déclaraient avoir plus de 5 complications liées
à l’injection et ceux qui injectaient principalement de la buprénorphine ou de l’héroïne étaient plus favorables à
être traités par buprénorphine IV.
Conclusions : L’acceptabilité des injecteurs d’opiacés pour un traitement par buprénorphine IV est élevée. Les
résultats de cette étude préliminaire nous donnent des informations importantes et utiles pour le développement
d’un essai clinique futur et des recommandations associées à l’utilisation de la buprénorphine IV comme traitement
de la dépendance aux opiacés. De plus, ils montrent que la buprénorphine peut ne pas être acceptée
par tous les injecteurs d’opiacés tels que les injecteurs de sulfate de morphine mais qu’elle semble adaptée aux
injecteurs de buprénorphine, d’héroïne et de ceux qui présentent beaucoup de complications liées à l’injection.

 

Auteur principal
Perrine ROUX
Chargée de recherche INSERM
UMR 912/SESSTIM/ORS PACA
Faculté de Médecine - 3ème étage – Aile Bleue
27 bd Jean Moulin -13385 Marseille cedex 5
perrine.roux@inserm.fr