Le jeu pathologique est une addiction comportementale, qui partage avec les autres troubles addictifs un certain nombre de similitudes. Même si le craving ne figure pas parmi les critères diagnostiques du jeu pathologique proposés par le DSM-5, il n’en demeure pas moins un symptôme essentiel du tableau clinique. Survenant spontanément ou provoqué par des stimuli environnementaux, le craving est un puissant facteur d’entretien du trouble et de rechute. C’est donc une cible thérapeutique à privilégier. Les méthodes psychothérapeutiques et médicamenteuses se révèlent souvent d’une efficacité modeste. Il convient alors de proposer aux patients de nouveaux outils thérapeutiques. Récemment, un nouveau champ de recherche s’est développé dans les addictions: la stimulation magnétique transcrânienne répétée (rTMS). Dans la plupart des études ayant évalué l’efficacité de cette technique, dans des troubles aussi variés que la dépendance à l’alcool, à la nicotine ou encore les crises de boulimie, le critère de jugement principal était l’intensité du craving, mesurée par une échelle visuelle analogique (EVA) et à court terme. Une récente revue de littérature a conclu à un effet bénéfique dans la majorité des cas. A ce jour, aucune étude n’a porté sur le jeu pathologique.

Nous avons donc mis en place l’étude STIMJEU, visant à évaluer l’efficacité de la rTMS sur le craving chez
des joueurs pathologiques débutant des soins dans notre service. Le craving était induit de façon expérimentale
par des stimuli visuels et sonores liés au jeu de prédilection de chaque patient. La rTMS était appliquée
immédiatement après, au cours de deux séances de stimulation espacées d’une semaine, l’une réelle et
l’autre placebo (ordre aléatoire des séances), dans un protocole en cross-over. Le craving était évalué de
façon subjective (EVA et questionnaire) et objective (tension artérielle et fréquence cardiaque, reflet de l’arousal
physiologique) avant l’exposition aux stimuli (niveau basal), juste après l’exposition (niveau maximal), puis
juste après la séance de rTMS.

Trente patients ont participé à l’étude et reçu deux séances de rTMS. Les résultats seront présentés au congrès

 

Auteur principal
Marie GRALL-BRONNEC
Service d’Addictologie et de Psychiatrie de Liaison
Pavillon Louis Philippe - Hôpital Saint Jacques
85, rue Saint Jacques
44093 Nantes cedex 1
marie.bronnec@chu-nantes.fr