Le baclofène est largement utilisé chez nos patients dépendants à l’alcool avec l’espoir qu’il puisse aider notamment à diminuer leur craving. Afin d’optimiser son utilisation dans cette indication, il est nécessaire de connaître la relation entre la dose et l’effet recherché. Cette démarche passe par la réalisation d’une étude pharmacocinétique- pharmacodynamique (PK/PD) que nous avons pu réaliser grâce à un suivi régulier et systématisé de nos patients. Nous avons ainsi recueilli une série de 67 patients suivis 3 mois après le début du traitement, pour lesquels le craving a été évalué à l’aide de l’échelle OCDS toutes les semaines le 1er mois puis tous les mois. L’analyse des données confirment les caractéristiques pharmacocinétiques du baclofène chez ces patients avec une T1/2 de 6 heures. L’évolution du craving en fonction de l’exposition au médicament retrouve une diminution maximale de 72 % par rapport à la valeur à l’inclusion. Toutefois, deux sous-populations sont observées, une fraction de patients ayant un effet rapide dans le 1er mois (38 % des patients) et les autres ayant un effet anticraving plus retardée à 3 mois. Il n’a pas été possible sur ce petit effectif d’identifier des marqueurs permettant de prévoir pour un patient donné à quel sous-groupe il appartiendrait.

Réf. Imbert B, Alvarez JC, Simon N. Anticraving Effect of Baclofen in Alcohol-Dependent Patients. Alcohol Clin Exp Res. 2015; 39: 1602-8.

 

Auteur principal
Nicolas SIMON
CHU de Marseille
Hôpital Sainte Marguerite
Aix-Marseille Université, SESSTIM UMR_S 912
nicolas.simon@ap-hm.fr