L’addiction à l’alcool est une maladie dévastatrice non seulement pour l’individu mais aussi pour l’entourage et
la société. La recherche de nouveaux traitements est une priorité dans un contexte national où l’alcool est la
première cause d’hospitalisation et coûte 120 milliards d’€ à notre société. Le binge drinking serait une composante
importante dans les étapes initiales de l’escalade des consommations et du développement de l’alcoolodépendance.
Il n’existe pas encore de modèle pertinent du binge drinking chez l’animal. Les objectifs du présent
travail étaient de mettre en place un modèle animal de binge drinking et de tester les molécules actuelles du
traitement de l’alcoolisme. Assez peu de données sont disponibles sur l’efficacité de ces traitements chez des
individus consommateurs excessifs et encore non alcoolodépendants. Nous avons mis en place un modèle
original dans lequel les rats consomment volontairement de l’éthanol 20 % dans un paradigme d’auto-administration
opérante pendant un temps très limité de 15 minutes par session. Dans ce paradigme les rats appuient
sur un levier (3 fois) pour obtenir l’alcool et doivent donc fournir un effort. Le temps limité d’accès à l’alcool induit
une consommation importante d’alcool permettant d’atteindre des niveaux élevés d’alcoolémie (>1g/l/15min).
Les animaux présentent des signes d’intoxication (sédation, ataxie) à l’issue des sessions de consommation.
Toutes les molécules testées (acamprosate, naltrexone, nalméfène, baclofène et GHB) diminuent efficacement
la consommation de type binge drinking. Nous avons aussi testé ces molécules sur la motivation des animaux
à consommer de l’alcool et leur efficacité à réduire le phénomène de rechute après abstinence. En général nos
résultats indiquent que ces traitements de l’alcoolisme sont aussi efficaces dans la réduction de la consommation
excessive de type binge drinking chez des animaux qui ne sont pas dépendants. Il nous reste encore à vérifier
si les animaux s’adonnant de manière chronique au binge drinking présentent des signes comportementaux
caractéristiques de la dépendance (perte de contrôle, prise compulsive, etc).

 

Auteur principal
Mickael NAASSILA
CHU
80025 cedex 1, Amiens
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